Immobilier de luxe : les prévisions régionales pour 2014


Par Gaëlle Fillion | le mercredi 04 juin 2014 | Réseaux - Franchise
Immobilier de luxe : les prévisions régionales pour 2014

Selon Sotheby’s International Realty, 2013 a globalement été la pire année en France pour l’immobilier haut-de-gamme depuis 20 ans. Selon Alexander Kraft, PDG France et Monaco du réseau qui compte une cinquantaine d’agences sur le territoire, 2014 devrait cependant voir le marché se débloquer progressivement, en échange d’une inévitable baisse des prix. Gros plan sur les perspectives à court terme dans les principaux bassins de l’immobilier de luxe.


Paris-Neuilly

Triangle d’Or, Rive gauche, Paris Ouest… après une première baisse de 10 à 15 % du prix des biens en 2013, Sotheby’s prévoit encore des ajustements de l’ordre de -10 % cette année. "C’est un retour à la normalité. La hausse des prix en 2011 et 2012 n’était pas saine. N’importe quel bien dit de luxe se vendait au minimum 10 000 euros/m2 quel que soit son état ou sa localisation. Les parisiens n’avaient pas compris la différence entre un bien haut de gamme et un bien véritablement exceptionnel", juge Alexander Kraft. Selon le réseau, Paris restera une ville encore très recherchée par les étrangers, notamment sur le marché du pied-à-terre.

Grand Sud

2013 s’est soldé par un bilan désastreux sur la Côte d’Azur, avec un stock important de biens de luxe, peu de transactions et des négociations agressives. Selon Sotheby’s, des ajustements complémentaires interviendront cette année. "Certains prix relèvent de la fantaisie. En période de crise, même les acheteurs étrangers les plus fortunés ne sont pas prêts à payer pour des biens qui ne sont pas en excellent état", analyse le PDG. En Corse, le marché de la résidence secondaire de 500 000 à 1,5 M€, principalement convoité par les Français, devrait continuer à souffrir tant que les inquiétudes sur les réformes fiscales ne sont pas dissipées, tout comme les biens de prestige dans le Lubéron boudées par les étrangers. 

Grand Ouest

En Bretagne, la baisse des ventes est intervenue plus tôt qu’ailleurs, car la région était notamment convoitée par les Anglais, affectés par la crise des subprimes dès 2007. Les prix ont par ailleurs baissé de 20 à 30 % ces 5 dernières années. "Nous avons enfin vu revenir les acheteurs, y compris les étrangers, à partir du 4e trimestre 2013. Ce regain se confirme en janvier. Nous sommes très optimistes pour 2014", estime Alexander Kraft. Sotheby’s table sur une baisse de 15 à 20 % pour les biens situés en Dordogne et dans le Périgord, dont les prix restent concurrentiels par rapport à d’autres régions. Idem au Pays Basque et en Poitou-Charentes où une baisse des prix est prévue, notamment pour le marché des biens avec défauts ou à moins d’1 million d’euros.

Nord et Est

Les biens en portefeuille se sont multipliés dans le Nord de la France et en Bourgogne. "A Lille, le marché est encore coincé mais les ajustements sont en cours. Les vendeurs du Nord de la France sont enfin prêts à revoir leurs prix à la baisse. Nous prévoyons une baisse de 15 % sur les prises de mandats", explique Alexander Kraft. En montagne, et notamment à Courchevel et Megève, Sotheby’s constate que les vendeurs rechignent toujours à baisser leurs prix, alors que les acheteurs étrangers sont en recherche de bonnes affaires. Conséquence : un marché à 2 vitesses qui baissera pour les biens classiques et se maintiendra pour les biens dits d’exception. 

 

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