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2014, une année noire en matière d’immobilier ?

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Conjoncture économique dégradée, niveau de fiscalité pesant, projet de Loi Alur contesté… L’année 2013 a été difficile sur le front de l’immobilier. D’après la FNAIM, 2014 devrait connaître le même sort et enregistrer, en plus, une remontée des taux de crédit. Les professionnels immobiliers pensaient avoir connu le pire. Et s’il restait finalement à venir

2014, une année noire en matière d’immobilier ? - © D.R.
2014, une année noire en matière d’immobilier ? - © D.R.

 ? « En ce début d’année, beaucoup d’incertitudes pèsent sur le marché immobilier, tant sur le plan économique, avec une croissance en berne, que psychologique, avec une confiance des ménages envers les banques qui s’effrite », constate Jean-François Buet, président de la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM). L’envolée du taux de chômage conjuguée à la stagnation du pouvoir d’achat ainsi qu’à la hausse de la fiscalité locative et des droits de mutation ne font qu’alourdir une situation déjà ankylosée. « Il est difficile, vu le contexte actuel, de dresser des perspectives pour l’année 2014. Toutefois, nous remarquons qu’elle s’ouvre sous les mêmes auspices que 2013. Les vendeurs comme les acquéreurs ont peur de l’avenir et sont attentistes. La baisse des prix ne suffit pas à convaincre les ménages français de se lancer dans un projet immobilier », précise-t-il. Cette année, la FNAIM anticipe donc un recul du nombre de transactions dans l’ancien, qui pourrait s’établir à 650 000, contre 668 000 en 2013 et 704 000 en 2012. Et ce dans toutes les régions de l’Hexagone, notamment en Champagne-Ardenne (qui a connu une baisse de volume de -8,7 % en 2013), en Alsace (-8,6 %) et en Languedoc-Roussillon (-7,4 %).

Une nouvelle baisse des prix attendue

En 2013, la dégradation du nombre de transactions ne s’est pas traduite par une chute des prix : tous logements confondus, les prix ont reculé de -2,9 % en France par rapport à 2012, soit -3,5 % pour les appartements et -2,5 % pour les maisons. Si les prix des biens ont uniquement été corrigés à la marge, c’est parce que « l’offre de logements est restée inférieure à la demande », rappelle Philippe Taboret, directeur général adjoint de CAFPI, spécialiste du courtage. En 2014, cette baisse pourrait se poursuivre dans les mêmes proportions, « avec un recul de -3 à -4 % », avance Jean-François Buet. Cette nouvelle encouragera-t-elle les potentiels acquéreurs à franchir le pas ? Pas sûr, d’après CAFPI, qui cite la hausse des frais de notaire annoncée pour 2014 et une remontée des taux de crédit immobilier. « Nous estimons que la hausse des taux pourrait atteindre un demi-point au premier semestre 2014, en partie à cause du changement de politique monétaire aux Etats-Unis, qui aura des répercussions sur les taux d’intérêts en Europe », précise Philippe Taboret. Or, à chaque remontée des taux de 25 points de base, la capacité d’emprunt des potentiels acquéreurs diminuent d’environ 4000 euros. « S’ils remontent de 100 points de base en plus, c’est une pièce en moins pour eux », conclut-il.

Aurélie Tachot